
Foire Aux Questions qui reviennent souvent / Frequently Asked Questions (mars / March 2007)
Qu'est-il arrivé à ton blog Emmanuelle.net? Tu mets à jour une fois par semaine, au mieux!
Merci de votre intérêt pour ce petit blog, qui me touche, mais je n'ai jamais eu beaucoup d'ambition avec ce drôle de pense-bête en ligne qui me permet de rester en contact avec mes amis éparpillés dans le monde et de communiquer quelques impressions de ma vie ici en Californie avec des gens qui partagent les mêmes obsessions. Six ou sept ans après l'avoir démarré, je constate que:
J'ai démarré un blog moi aussi, mais le traffic n'est pas extra. Que me conseilles-tu?
Démarrer un blog en 2007 est beaucoup plus difficile qu'en 2000 et se faire remarquer demande certainement plus de travail. Je ne suis sans doute pas la bonne personne pour donner des conseils sur les blogs sous forme de journal de bord ou journal intime. Je recommanderais juste une extrême prudence dans la diffusion d'informations personnelles: Google ne pardonne pas et une fois lâchées dans le cyberespace... Pour en savoir plus, voici mon article dans Libé sur les entreprises qui fouillent les blogs des candidats à l'embauche.
En revanche, il n'y a jamais assez de blogs qui explorent un thème précis et rendent un vrai service public (par exemple, le blog scientifique Science Blog; Obscure Store, le blog de Jim Romenesko consacrées aux histoires bizarres dans la presse américaine; ou New World Notes, les reportages de l'avatar Wagner James Au dans Second Life.) Pour réussir de tels blogs (et parfois, en vivre) il faut être obsédé, consistent (=mettre à jour) écumer les autres blogs pour laisser des commentaires et se faire connaitre, répondre au courrier... Bref, il faut travailler dur tout en se faisant plaisir.
Je voudrais partir aux Etats-Unis pour devenir journaliste. Comment s'y prend-on?
Il faut déjà savoir que la grande majorité des journalistes français à l'étranger sont pigistes, c'est à dire free-lance. Il faut être prêt à devenir son propre patron, ce qui a ses avantages (liberté) et inconvénients (gérer un éventail d'employeurs ou de clients, suivant la façon dont on voit les choses.) La situation économique en France et les difficultés pour trouver un poste de journaliste ou des piges poussent de plus en plus de jeunes à vouloir s'installer à l'étranger. Avant de partir, je conseillerais de bien se renseigner sur le coût de la vie dans le pays de son choix (on a parfois des surprises), les visas nécessaires pour s'installer (aux Etats-Unis par exemple, à moins d'avoir un visa de journaliste ou d'être marié(e) à un américain, c'est impossible.) Ensuite, c'est bien de contacter l'attaché de presse de l'Ambassade du pays où l'on se rend pour savoir combien de journalistes français sont déjà sur place et qui travaille déjà pour qui. Un nouvel arrivant qui se présente à son arrivée et se comporte de façon sympathique et réglo se verra toujours accueilli et aidé au mieux. On lui proposera inévitablement des remplacements ou de reprendre les piges de correspondants sur le départ. Pour tout ce qui est questions impôts aux Etats-Unis ou comment garder sa sécu française, je vous renvoie à Good Morning New York et France Service.
Comment c'est la vie en Californie? (Variation: je suis tombée par hasard sur ton blog et j'aimerais bien discuter, comme ca, de trucs et d'autres.)
Voici typiquement le genre de e-mails auxquels je ne peux pas répondre, faute de temps pour bavarder: posez-moi une question précise, et je ferai de mon mieux. En résumé, la vie à Los Angeles est stimulante et a beaucoup de côtés agréables (soleil éclatant une majeure partie de l'année, attitude générale positive et confiante, bonne humeur, palmiers et verdure abondante) et d'aspects moins charmants (niveau général des conversations assez terre-à-terre, matérialisme affolant, bouchons routiers à s'arracher les cheveux.) Mais c'est un paradis pour journaliste: il s'y passe en permanence quelque chose de dingue.
Je ne t'entends plus à la radio?!
En France seulement. En septembre 2006, j'ai arrêté de couvrir la Californie pour France Info et France Inter mais je continue les correspondances pour la Radio Suisse Romande.
Il parait que tu travailles aussi comme détective. N'est-ce pas incompatible avec le métier de journaliste?
En France, ce serait en effet impossible d'être sur les deux fronts, car il faut pratiquer la profession d'agent de recherche privé en exclusivité (le site du syndicat CNSP-ARP est une excellente source) mais comme le mentionne le passionnant ouvrage de Christophe Deloire, Histoires secrètes des détectives privés, des journalistes français arrondissent leurs fins de mois en travaillant en tant que consultants pour de grandes agences d'investigations. Aux Etats-Unis, le pays de la réinvention (anglicisme?) par excellence, les exemples de journalistes devenus détectives abondent. Pour l'heure, je préfère séparer mes deux activités au maximum, mais je sais que je trouve plus de plaisir à travailler sur des enquêtes (au service d'autres détectives débordés, le plus souvent) qu'à écrire des articles. J'ai toujours préféré la phase de recherche et d'interviews à l'écriture, ce qui est sans doute un signe.
D'autres questions? Ecrivez-moi à l'adresse du blog, emmarichard AROBASE gmail.com.