Monde

Des centaines de fans sont venus, vendredi, soutenir le chanteur qui comparaissait devant un tribunal de Californie pour abus sexuels sur mineurs.
A la cour du roi Jackson

Par Emmanuelle RICHARD
samedi 17 janvier 2004

Los Angeles correspondance

es centaines de fans venus du monde entier dansaient jusque sur les toits devant le tribunal de Santa Maria, en Californie, au chant de «Michael innocent». Michael Jackson, 45 ans, a plaidé non coupable hier des accusations d'abus sexuels sur un garçon de 12 ans. En terme de pressions médiatiques, la première comparution du chanteur a dépassé les attentes : en liberté sous caution, Michael Jackson est arrivé à bord d'une voiture noire avec vingt et une minutes de retard, parmi une forêt de micros et de caméras. Verres fumés, blazer bleu foncé orné d'un brassard blanc à la manche, il avait les pouces en l'air en signe de victoire. Entouré de membres de sa famille et de gardes du corps du groupe radical noir musulman Nation of Islam, le chanteur serrait les mains des fans sans se presser, comme s'il était à une première de cinéma. Un comportement de diva qui a fortement irrité le juge Rodney Melville qui l'a accueilli avec ces mots : «Monsieur Jackson, vous avez démarré du mauvais pied... Je vous préviens que je ne tolérerai pas cela. C'est une insulte à la cour !»

«Chaîne de l'amour». Dans la salle d'audience, où les caméras étaient interdites, des médias présents rapportent que des fans ont improvisé «une chaîne de l'amour» main dans la main, faisant monter d'un cran l'irritation du juge.

Michael Jackson s'est vu formellement signifier les charges retenues contre lui. Le chanteur est sous le coup de neuf chefs d'inculpation : sept d'entre eux, pouvant lui valoir chacun huit années de prison, sont directement liés à «une conduite sexuelle obscène» envers un mineur de moins de 14 ans. Les deux autres, passible chacun de trois ans de prison, l'accusent d'avoir fait administrer à un mineur des substances enivrantes, sans doute du vin, ce qui, selon certains médias américains, aurait permis au chanteur d'abuser de lui. Le document relatif à l'inculpation ne précise pas la nature des actes reprochés. Il est indiqué que la star a «sciemment, illégalement et de manière obscène commis un acte obscène et lubrique sur le corps» du mineur dans «l'intention d'exciter et satisfaire le désir, les passions et les désirs sexuels de l'enfant». Jeudi, la chaîne CNN, citant des sources proches de l'enquête, évoquait des actes de masturbation devant la victime.

L'identité du garçon est officiellement tenue secrète. Mais, selon les médias, il s'agit d'un adolescent de Los Angeles, alors âgé de 12 ans, d'origine hispanique, atteint d'un cancer. Sans surprise, Jackson a plaidé non coupable. Le juge ayant interdit à la star et à ses avocats de commenter l'affaire, le chanteur est ressorti sous les hourras de la foule, posant pour les caméras d'une équipe embauchée pour réaliser un document sur l'affaire.

Invités au ranch. En guise de remerciement, les fans (jusqu'à 5000, selon les estimations très larges de l'avocat de la star, Marc Geragos) ont été invités à prendre des rafraîchissements à Neverland, le somptueux ranch de la star, près de Santa Barbara. Une fiesta soigneusement orchestrée, comme le reste, pour signifier qu'en dépit de ses ennuis et de sa plongée dans les charts, Michael Jackson est toujours le roi de la pop, adulé et généreux avec ses fans.

Plusieurs centaines d'entre eux étaient venus de Los Angeles et de Las Vegas à bord de convois baptisés «caravanes de l'amour», organisés par le clan Jackson et des leaders de communautés noires. Fans impliqués, famille soudée... Sans compter un groupe d'amis qui vient de l'aider à rembourser un prêt de 70 millions de dollars pour le sauver de la ruine financière : beaucoup à Hollywood se disent que Michael Jackson a de la chance d'avoir autant de gens qui lui veulent du bien.

 

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